Les enfants et leur image corporelle : ce que tout parent devrait savoir
SUJET
Renforcer votre esprit et votre corps
« laid » ou « stupide », son image corporelle négative pourrait l’amener à avoir une faible estime de lui-même et d’autres problèmes toute sa vie durant. Voici ce qu’il faut faire.
« Les adolescents en bonne santé se soucient de la perception des autres, affirme la Dre Debra Katzman, directrice médicale du programme sur les troubles de l’alimentation de l’hôpital pour enfants de Toronto. Et il leur arrive fréquemment d’avoir des pensées négatives à cet effet. Toutefois, lorsqu’une image corporelle négative commence à perturber leur quotidien, leurs relations avec les membres de leur famille et leurs amis, ou que ces adolescents deviennent d’humeur extrêmement changeante ou présentent des habitudes alimentaires malsaines, il est alors temps d’obtenir l’aide d’un professionnel. »
Les parents doivent aussi tenter de découvrir si leur enfant est incapable de se débarrasser d’intenses sentiments négatifs envers lui-même. S’il n’arrive pas à penser à autre chose ou à décrocher, cela pourrait être signe qu’il a besoin de plus d’aide que vous ne pouvez lui en fournir.
Renforcement des aspects positifs
À titre de parent, il n’est jamais trop tard pour commencer à renforcer l’estime de vos enfants et leur donner une image positive de leur corps. Cela vaut aussi bien pour les garçons que pour les filles. « Dans le cas des filles, l’image corporelle négative gravite habituellement autour du poids, de la morphologie et de la taille. Les filles sont parfois obsédées par la perte de poids, même si elles ont un poids santé, explique la Dre Katzman. Les garçons peuvent quant à eux être obnubilés par l’haltérophilie ou la musculation. »
Vous pouvez même inculquer une image corporelle positive à de jeunes enfants.
- Parlez de leurs sentiments. Demandez à vos enfants ce qu’ils ressentent et non pas seulement ce qu’ils ont fait à l’école ce jour-là. Au fil du temps, vous pourriez remarquer d’intenses sentiments négatifs qui ne se résorbent pas.
- Soyez un modèle en matière de santé. « Les enfants sont conscients des attitudes et des comportements de leurs parents à l’égard de l’alimentation ainsi que de leurs activités physiques quotidiennes, déclare la Dre Katzman. Alors, donnez l’exemple en leur montrant à quoi ressemblent une bonne alimentation et l’exercice physique. L’équilibre et la modération constituent la clé! »
- Discutez de la puberté. En tenant un langage adapté à leur âge, discutez avec vos enfants des changements auxquels ils peuvent s’attendre relativement à leur poids, à leur morphologie et à leur taille, ainsi que des sentiments qui sont associés à l’avènement de la puberté.
- Créez des images réalistes. « Aidez vos enfants à comprendre que tout le monde est différent, continue la Dre Katzman. Inculquez-leur un respect salutaire de la diversité en célébrant les différences. »
- Surveillez vos paroles. « Arrêtez de faire des commentaires négatifs sur votre propre apparence physique et sur celle des autres », conseille-t-elle.
- Aidez les enfants à comprendre les messages véhiculés par les médias. « Enseignez à vos enfants que la morphologie et la taille des corps d’homme et de femme présentés dans les médias ne sont pas réalistes », poursuit-elle.
- Découragez vos enfants de faire un régime. Si le poids de votre enfant vous préoccupe, consultez alors un professionnel de la santé. Dissuadez votre enfant de suivre un régime sans une consultation préalable auprès d’un professionnel de la santé.
- Défendez tous les enfants. « Il incombe à tous les adultes — parents, entraîneurs, professeurs, conseillers de camp — de s’assurer que les enfants baignent dans des environnements sociaux sains et sécuritaires, souligne la Dre Katzman. Si un parent est témoin de harcèlement entre enfants ou est inquiet à ce sujet, il a la responsabilité de parler pour que tous les adultes concernés soient conscients de la situation et puissent régler le problème. »
La Dre Debra Katzman est chef de la division de médecine des adolescents et professeure au département de pédiatrie de l’Université de Toronto. Elle est également directrice médicale du programme sur les troubles de l’alimentation de l’Hôpital pour enfants de Toronto.
Le site Plus que des médicaments aimerait remercier la Dre Katzman pour sa précieuse contribution. La Dre Katzman n’a pas été rémunérée de quelque façon que ce soit pour sa participation à la rédaction du présent article.
